LES MENOTTES INVISIBLES


Le rêveur le premier, sous la nuit tamisée
Qui traça ton visage arrondi de statue,
Le premier fossoyeur qui alla embraser
Ta couronne de fleurs, pour briser impromptu

Le tombeau de ton rire ébloui, c'était moi.
Celui qui exhuma ta beauté éclipsante,
Qui d'un large revers de poème éveilla,
Détacha une joie de cette ombre adhérente.

C'est moi qui le premier, à l'alentour des mondes
Arracha de ta ruine un sourire emmêlé,
Qui dénuda le fil de tes deux lèvres rondes,
Traçant un trait de toi jusqu'au soleil lié.

 

 

 

27 Septembre 2006