LES GENS SONT DE PASSAGE, TOUJOURS


Nous sommes au beau milieu de l'hiver lucide
Un vent glacé passe sur ton visage
Tu avances le long des domiciles
Des résidences familières
Tu avances le long de ton île pour toi encore mystérieuse
Derrière les fenêtres, de la lumière et de la vie
La chaleur du foyer dans les appartements

Soudain tu penses à ceux qui ne sont plus ici
À ceux qui sont passés avant toi
Que donneraient-ils
Pour longer une nouvelle fois ces rues, rien qu'une
Regarder la Seine du haut du parapet
Regarder sur les quais les réverbères solitaires
Éclairer le fil de l'eau
Voir, au fond d'un restaurant, un homme faire les comptes
Entendre sur le pavé
Le talon de quelques vivants qui passent

Alors tu te dis, quelle chance tu as d'être en vie
Et le vent qui était froid un instant auparavant
Prend un nouveau sens
Tu lui demandes de rester encore un peu à tes côtés
Pendant que des fenêtres les lueurs s'éteignent une à une
Pendant que la ville semble s'endormir

 

 

 

Février 2007