LA GRANDE COMÉDIE

 

 

Je ne crois pas en la réalité du monde telle qu'elle se présente à moi. Je ne crois pas en toutes les saloperies qu'on a mis dans mon esprit mais qui me régissent encore, malgré moi. Et dont, pour une grande part, je n'ai pas encore conscience. Il me semble que tous les événements dont j'entends parler ont été prévu à l'avance.

Les informations ne sont pas des informations. La censure sans doute n'existe plus en tant que telle, parce qu'inacceptable, la vraie censure moderne est dans le bruit continu, cette quantité effroyable de données qu'on nous donne à manger, et qui cachent les seuls éléments importants. Mais sous le bruit, on ne distingue plus rien, on ne fait plus la part des choses...
La censure est dans le vacarme, qui forment un étrange bruit capable de bercer les esprits par la torture...

Je crois qu'on avale en grand nombre des comprimés immangeables, mais pas d'un seul coup (ça ne passerait pas à travers la gorge), mais petit à petit, à petits feux.
Le monde est malléable pour ceux qui détiennent les clefs s'ils le changent lentement.

Je crois que les gens ne se posent pas la seule question digne d'être posée et qui devrait retenir l'attention de toute une vie... Où allons nous, d'où venons-nous, qui sommes nous. Questions tournées en dérision, qu'on laisse aux mains de quelques sectes guignolesques. Et je crois aussi que les gens sont eux-mêmes leurs propres pantins, manipulés et manipulateurs à leur insu. Soucieux à travers toute une vie de retrouver l'utérus originel. Voilà à quoi se réduit l'existence, la poursuite impossible d'un mur d'enceintes protecteur. Un sécurité, un cocon familial. L'objectif final est de retourner à l'état primitif pré-natale. Trouver un nouveau couffin pour y crever avec un sourire qui ne viendra pas.

Je crois comme il est inscrit sur le billet vert, que la société est fondé là-dessus, une grande pyramide, avec à son extrémité l'oeil qui "sait" et contrôle, et puis le reste, des briques dans un mur...
Nous vivons dans une forêt de leurres. "Qui l'observent avec des regards familiers..."
Où quelques petites personnes qui détiennent le pouvoir maintiennent l'illusion d'une société en évolution.
Ces quelques personnes n'hésiteront pas à brûler quelques tonnes de chairs humaines pour arriver à leur fin.

Le libéralisme, la démocratie... des écrans placés dans les yeux. Un ramassis de conneries pour lesquelles nous serions prêts à mourir ? La nation, protéger sa nation...

Les extrémistes musulmans ne sont peut-être pas de simples fou terroristes. Ils portent la mort en eux pendant que nous, nous la refoulons et nous y dérobons par le consumérisme, perdant du même coup tout sens du sacré.
Ils ne sont pas moins fous que nous.
Même s'ils sont sans doute eux-mêmes, des pantins supplémentaires.


J'achète donc je suis...
En perdant le sens de la mort, on a perdu, du même coup, la vie...

Il existe, derrière chacune vérité, une autre vérité, encore plus lointaine, elle-même dans une autre vérité ainsi que des poupées russes infinies, le concept de vérité est lui-même une mascarade.

A force d'avancer j'ai fini par comprendre que je ne savais rien, rien du tout... C'est dur à avaler, mais après, on se sent mieux. Plus délivré, certainement.

La vie telle qu'on nous la présente est, comme le disait le merveilleux Céline, une immense entreprise à se foutre du monde... Il en va ainsi, lorsque nous nous émouvons à regarder des hommes sauver quelques baleines échouées sur la plage, et que l'instant d'après nous allons chez Quick déguster un bon hamburger 100% boeuf... Conneries tout ça, vaste foutrerie...

Nous n'avons pas les yeux ouverts. Certains Là-dedans, la vie n'y est plus. Ses traces elles-même sont javellisées, enfouies sous la masse innommable du bruit continu du monde.

Mais la poésie, au moins, vise à cela, rien de plus, faire taire le monde. Voilà un objectif valable, vers lequel devraient se diriger le reste de nos forces, au moins un instant, en nous, pour nous-même, taire le monde...

 

11/09/06