CENDRE (II)

 

Je me demande parfois, pourquoi n'a t-elle vu qu'une banale histoire relationnelle
Là où quelque chose de spirituel avait été bâti
Là où j'essayais de lui dire autre chose, elle n'a vu que ce qu'elle voulait voir
J'aurais pourtant bien essayé mais je n'ai pas tous les pouvoirs dans mes mains
Je sais qu'il y a des noeuds au fond d'elle qui la compriment, qui l'empêchent d'être libre et elle-même
Je vois parfois leurs couleurs, leurs formes
Je me dis qu'un jour aussi elle me reparlera lorsqu'elle comprendra un peu mieux tout cela
Ou peut-être que non
Si cela devait arriver, peut-être n'aurais-je plus l'envie ni la possibilité
Il est toujours difficile de perdre de cette façon quelqu'un en qui on a crû
D'être laissé tomber et de voir la peur avoir le dernier mot
Je ne suis pas quelqu'un qui s'en remet facilement
J'ai peu d'attaches, je les choisis toujours avec parcimonie
Dans un mélange d'instinct et de longues réflexions
De même je mets tout aussi longtemps à me détacher
Lorsque je suis obligé de le faire
Car je sais qu'une fois que je me détourne de quelqu'un
C'est pour toujours et à jamais

C'est un enseignement
Et plus l'enseignement est lourd, imprévu, douloureux et plus il instruit
Il est difficile de ne pouvoir soigner lorsqu'on se sait en mesure de pouvoir le faire
D'être pris pour ce qu'on est pas
Bien sûr on est pas le seul. Bien sûr, il y en a eu et il y en aura d'autres, meilleurs que moi
Et je serai bien vite oublié, si ce n'est déjà fait
Mais quelqu'un aurait-il pu comprendre et soutenir aussi bien que j'aurais pu le faire, je ne crois pas
Sans doute est-ce prétentieux
Mais je me dis que non
Peut-être me dis-je cela pour me rassurer. Ou pour me sentir important
Ou bien pour me dire que tout n'aura pas été vain
Peut-être suis-je totalement à-côté de la plaque
Ou juste un fou
Peut-être


Pourtant, le temps changera les émotions en souvenirs
Puis en mémoires
Puis en vestiges
Puis en cendres

Exactement comme je l'ai écrit

 

 

 

 

Août 2008