SUCRE D'ORGE

 

Sur la langue pétille souvent
Sans que personne ne s'en rende compte
Un grand feu d'artifices rouge et noir
Le noir est d'ailleurs la couleur préférée des artificiers
C'est elle qui se confond le mieux avec le ciel juste derrière.

Dans les différents yeux tout humides des enfants plongés dans l'extase
On voyait bien distinctement de nombreuses petites chenilles
Qui grimpaient les trousseaux de clefs des portes à ouvrir.
En fondant elles répandaient sur le fer une matière verte-grise
Un peu comme du bronze abîmé par la pluie
Sur les statues dans les vieux cimetières.

Sitôt que le spectacle touchait à sa fin
On devinait bien les mouvements de la foule qui allait et venait
Dans les traverses ou dans les différentes embarcations.

Dans les promontoires
En voyant flotter tous les vaisseaux
Avec leurs capitaines d'artillerie de marine
On les reconnaissait car ils portaient tous
Attachée dans la peau tendue
Entre l'index et le pouce une perle jaune
Avec gravé dessus : "SUCRE D'ORGE".

 

 

Extrait de Perpétuelle
Lu par Jean-Michel