DOSSIER CÉLINE
 

 

"Qu'importe mon livre ? [Voyage au bout de la nuit] Ce n'est pas de la littérature. Alors ? C'est de la vie, la vie telle qu'elle se présente. La misère humaine me bouleverse, qu'elle soit physique ou morale. Elle a toujours existé, d'accord ; mais dans le temps on l'offrait à un dieu, n'importe lequel. Aujourd'hui, dans le monde, il y a des millions de miséreux, et leur détresse ne va plus nulle part. Notre époque, d'ailleurs, est une époque de misère sans art, c'est pitoyable. L'homme est nu, dépouillé de tout, même de sa foi en lui. C'est ça, mon livre."

L-F Céline

 

MILLE ROMANS EN UN SEUL


Mon admiration pour toi dont tu ne veux pas n'en aura pas fini de se déteindre
Mon occlusion momentanée commence à peine sa bribe, à lever de l'encre
Pendant que toi tu as tracé d'une main le désespoir humain
Dans la grande ligne
Comme un orage, à la dentelle salubre
Griffure au ciel
On verse un dédale hémiplégique aux lingots d'or fin dans la brousse...
À rebours de la cité ventriloque
À la pagaille noire des orfèvreries centrifuges
Toi tu sautes à l'envolée pour aller déséquilibrer le manège
Briser la porcelaine
Un moment
À peine un moment
Pour tout un reste d'avenir
On envoie des écrits aux déboires de quoi se donner un abri
Aux extinctions sans réponses
Aux monticules désarçonnés, aux prisons magnétiques
Ton visage éclairci par son passage de nuit
À la crevaison des phosphores
Un hymne pour la vaporisation de l'insecte
Tu écris comme tu parles c'est déjà tant
On se rompt la voix sans s'avachir
Incompressible soleil

 

 

Et mille hommes en un seul

 

zeio